Ford regarde vers l’avenir en investissant des milliards de dollars dans la durabilité
Renée Yardley
24 Août 2018

Ford regarde vers l’avenir en investissant des milliards de dollars dans la durabilité

Dans le cadre des « Conversations avec les leaders environnementaux », le président de Rolland, Philip Rundle, demande aux organisations soucieuses de durabilité de décrire leur approche en matière de responsabilité environnementale.
 
Dans cette entrevue, John Cangany, directeur des communications en matière de responsabilité sociale de Ford, présente la tradition antigaspillage datant de l’époque d’Henry Ford, et discute véhicules électriques, droits de la personne et production durable. Nicole DesNoyer, directrice de production chez GTB, l’une des agences de communication employées par Ford, explique le virage vert pris par le constructeur automobile pour l’impression de ses rapports annuels, et comment les papiers recyclés de Rolland répondent à ses besoins.
 
Ford mise sur les solutions de mobilité et la production durable pour tracer la voie vers un avenir électrique.
  • Ford investira 11 milliards de dollars d’ici 2022 pour ajouter 16 véhicules entièrement électriques à son portefeuille mondial, qui comptera 40 véhicules électrifiés, incluant les hybrides.
  • L’an dernier, 8 ans avant la date butoir de 2025, les usines du constructeur automobile ont atteint un important jalon environnemental en réduisant les émissions de CO2 par véhicule Ford produit de 30 pour cent par rapport aux résultats de 2010.
  • En 2017, Ford était la marque automobile la plus vendue aux États-Unis pour une huitième année consécutive, et l’entreprise poursuit aujourd’hui sur cette lancée.
Quelle est la perspective de Ford en matière de durabilité ? Comment en faites-vous une priorité à l’échelle de l’entreprise ?
 
JC : Ford ne vise plus simplement à réduire son empreinte écologique, mais plutôt à avoir un impact positif réel sur le monde qui l’entoure. Cette transition survient après près de 20 ans de progrès phénoménaux en matière de réduction de notre empreinte carbone.
 
Notre président exécutif Bill Ford est à la tête de ce changement de paradigme. La durabilité est d’ailleurs une valeur fondamentale chez nous depuis l’époque d’Henry Ford. Même si le mot n’était pas utilisé à l’époque, nous pouvons dire qu’il était un environnementaliste, puisqu’il luttait activement contre le gaspillage. Ford poursuit aujourd’hui cette tradition : 85 de nos installations de production à l’échelle mondiale n’acheminent aucun déchet vers les sites d’enfouissement.
 
Bill Ford qualifie les changements climatiques et la mobilité d’enjeux relatifs aux droits de la personne. Comment cette perspective aide-t-elle Ford à être un acteur de changement ?
 
JC : Nous cherchons à aller au-delà de la construction et de la vente de véhicules pour nous intéresser à la façon dont la connectivité et les véhicules autonomes, le covoiturage, les navettes dynamiques (des fourgonnettes partagées par six à huit passagers allant vers une destination générale commune) et le transport en commun – ainsi que les automobiles, les camions et les VUS – peuvent cohabiter pour permettre aux gens de se déplacer de manière sécuritaire et efficace.
 
Notre objectif est de réduire la congestion routière et les émissions de GES tout en améliorant la capacité des gens à se rendre au bureau, chez le médecin ou à l’école, et d’améliorer ainsi nos conditions de vie.
 
Ford investit 11 milliards de dollars dans l’électrification de ses véhicules. Comment cette initiative aidera-t-elle Ford à réduire les émissions de gaz à effet de serre ?
 
JC : Comme les émissions d’échappement constituent l’élément le plus important de notre empreinte environnementale, l’électrification de nos véhicules aidera nos clients à augmenter leurs économies de carburant et à réduire leurs émissions. Nous considérons la durabilité dans le sens large du terme. Notre objectif est de contribuer au progrès humain et de continuer de limiter notre empreinte carbone tout en demeurant compétitifs et rentables grâce à la mise en marché de véhicules de qualité qui offrent aux clients ce qu’ils désirent : performance, fiabilité, technologie et capacités.
 
Comment Ford fait-elle de la production durable la norme ?
 
JC : À l’heure actuelle, nos 85 installations de production, y compris plus de 60 usines de fabrication, sont des opérations entièrement zéro déchet. Et nous pesons nos mots : pas un seul morceau de carton ni une seule pièce d’aluminium dans les sites d’enfouissement.
 
Nous sommes également à l’avant-garde de l’utilisation responsable de l’eau. Depuis 2000, Ford a réduit la consommation d’eau de ses opérations de fabrication de plus de 10 milliards de gallons, ce qui signifie que chaque gallon d’eau utilisé par Ford en 2000 sera réduit à environ un litre d’ici 2020.
 
Le Bureau de Ford chargé de la qualité environnementale cherche constamment des occasions de réduire notre utilisation de ressources tout en maintenant la qualité de nos produits. La peinture utilisée sur nos véhicules constitue un bon exemple : nous avons développé de nouvelles façons de combiner l’application des différentes couches de peinture, puis de les sécher simultanément plutôt que de le faire couche par couche. Nous économisons ainsi beaucoup d’eau et d’énergie.
 
Les petits gestes ont également beaucoup d’impact. Si l’on considère la taille et le nombre de nos installations, changer les ampoules incandescentes traditionnelles pour des ampoules à DEL permet d’économiser beaucoup d’énergie.
 
Comment Ford collabore-t-elle avec ses fournisseurs pour atteindre ses objectifs en matière de durabilité ?
 
JC : Le meilleur exemple à cet effet est le programme PACE (Partnership for a Cleaner Environment), dans le cadre duquel nous partageons avec nos fournisseurs clés environ 350 de nos meilleures pratiques en matière de réduction de la consommation d’énergie et d’eau, d’émissions de CO2 et d’autres particules, et de respect des droits de la personne. Nos fournisseurs nous en sont reconnaissants parce qu’ils profitent de notre expertise et ont la chance d’apporter diverses améliorations sociales et environnementales à leurs activités.
 
Le programme PACE a vu le jour en 2015, et nos meilleures pratiques ont depuis été répliquées par plus de 50 fournisseurs. Nous les encourageons à les partager à leur tour avec tous les maillons de leur chaîne d’approvisionnement, afin de multiplier collectivement notre impact positif.
 
Ford s’intéresse-t-elle à la fabrication de composantes automobiles à partir de matières renouvelables, comme les fèves de soya ?
 
JC : Nous avons d’abord introduit des sièges faits de mousse à base de soya – plutôt que d’origine fossile – à bord de la Mustang 2008. Depuis 2011, nous utilisons cette même mousse dans les sièges, les dossiers et les appuie-têtes de tous les modèles Ford fabriqués en Amérique du Nord, ce qui représente plus de 18,5 millions de véhicules. Cette utilisation du soya, qui représente notre plus importante utilisation de matières renouvelables, nous a permis de réduire nos émissions de CO2 de plus de 228 millions de livres (plus de 100 millions de kilos). Il ne s’agit que d’un exemple parmi nos nombreuses initiatives d’intégration de matières durables à nos véhicules.
 
Nous utilisons également des composantes dérivées d’autres produits renouvelables, notamment le blé, le riz et la noix de coco, et expérimentons avec de nouvelles matières. En 2016, nous avons entrepris une collaboration avec Jose Cuervo visant l’utilisation potentielle des fibres d’agave rejetées par la production de la tequila, et avons également travaillé avec Heinz à la revalorisation des tiges et des graines de tomate.
 
Nous utilisons des matières recyclées le plus souvent possible. Par exemple, le tissu des sièges de plusieurs de nos véhicules contient des bouteilles de plastique recyclées et d’autres déchets de consommation. De même, la fabrication du F-150 fait appel à un processus de recyclage de l’aluminium en circuit fermé qui nous permet d’économiser jusqu’à 20 millions de livres (plus de 9 millions de kilos) de rebuts d’aluminium par mois, soit assez de métal pour construire plus de 37 000 carrosseries de camions de la série F par mois.
 
La publication d’un rapport annuel sur la durabilité a-t-elle changé la donne pour Ford ?
 
JC : Nous venons tout juste de publier notre 19e rapport annuel consécutif présentant nos progrès en matière de durabilité. Nous prenons ce processus très au sérieux, et communiquons avec honnêteté nos réussites, nos revers et nos défis.
Ce rapport est essentiel parce qu’il assure la transparence de nos activités et de notre impact sur l’environnement, année après année. L’appui de Bill Ford à ce rapport nous aide à souligner l’importance de la transparence auprès de tous les intervenants concernés, tant à l’interne qu’à l’externe.
 
Sur la page arrière de ce rapport se trouve un « bulletin de pointage » qui mesure notre performance en matière de durabilité selon différents indicateurs clés. La majorité des indicateurs affichent une amélioration, certains une régression, mais peu importe notre performance, nous publions toujours cette information.
 
À titre de producteurs de papier, nous devons le demander : quelle est l’importance de l’imprimé dans les communications annuelles de Ford ?
 
ND : Une partie de nos actionnaires inscrits réclament un exemplaire imprimé de nos états financiers et de notre rapport de durabilité, et nous devons répondre à ce besoin. La lecture de ces documents très volumineux en format numérique n’est pas toujours conviviale, et le désir d’avoir une version papier est légitime. Plusieurs actionnaires estiment également que les documents produits dans le cadre d’un vote par procuration sont plus faciles à gérer en format imprimé. Et comme la livraison et l’expédition contribuent aussi à notre impact environnemental, nous tâchons d’utiliser des enveloppes et des emballages aussi durables que possible.  
 
Quelle utilisation Ford fait-elle des papiers Rolland ?
 
ND : En 2017, Ford a imprimé ses états financiers, son formulaire 10-K et ses circulaires de procuration sur le papier Rolland Opaque, qui est fait de 30 pour cent de contenu postconsommation. Nous visons l’utilisation de papiers faits de 10 pour cent de contenu postconsommation pour tous les projets d’impression à grande échelle de Ford, et de 30 pour cent pour la majorité de nos imprimés. Le papier Rolland Opaque était donc un produit idéal.
 
Ces documents requièrent un papier à la fois léger et assez opaque pour accueillir un contenu important, qui peut être utilisé sur une presse rotative à haut débit fonctionnant à vitesse très élevée. Les produits Rolland répondent parfaitement à nos critères de performance.
 
Nous apprécions l’engagement environnemental de Rolland, de même que son historique de fiabilité, ses processus de fabrication du papier recyclé et la qualité supérieure de son contenu postconsommation. Nous sommes aussi heureux de savoir que les papiers de Rolland sont certifiés FSC1.
 
Estimez-vous que Ford est un leader environnemental ? 
 
JC : Nous en faisons beaucoup pour l’environnement, mais nous sommes conscients qu’il reste bien du chemin à parcourir. Avoir un impact positif est une priorité pour Ford depuis maintenant 115 ans. Historiquement, cette préoccupation s’est traduite par l’instauration du salaire journalier à 5 $, l’accessibilité du Modèle T, qui a assuré la mobilité de tant de gens, et la philosophie anti-gaspillage d’Henry Ford.
 
 
 
 
1 Le Forest Stewardship Council® (FSC®) est un système international de certification et d’étiquetage qui fait la promotion d’une gestion responsable des forêts dans le monde entier.